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ACSM Filiale de Montréal
16 avril 2026
Mini-série : Réflexion d’une étudiante universitaire

Tout a commencé il y a quelques mois lorsque j’ai écouté un épisode balado de la série Le Sideline intitulé « Le modèle québécois ». Ce balado présentait une discussion entre la Dr. Marie-Lyne Nault (chirurgienne orthopédiste) et Pierre Lavoie (conférencier, athlète et grand vecteur de changement dans la prévention des maladies chroniques par l’activité physique). Dans cet échange, monsieur Lavoie déclarait que l’environnement compétitif et la surspécialisation chez les jeunes enfants teintaient grandement l’estime personnelle et le risque de décrochage sportif, allant même jusqu’à dire que les jeunes les plus à risque d’arrêter complètement le sport étaient ceux inscrits dans un programme sport-étude au secondaire.1 Cela m’a frappée! On se dit rarement que les jeunes qui pratiquent du sport tous les jours sont dans les populations les plus à risque de se retrouver sédentaires. Voilà, ma curiosité était piquée, une petite enquête était de mise !
J’ai d’abord fouillé le site de statistique Canada pour établir un petit portrait de notre pratique d’activité physique. Les recommandations officielles pour les jeunes sont de faire au moins 1h d’activité physique par jour incluant au moins 3 fois par semaine une activité à intensité élevée et au moins 3 fois par semaine des activités de renforcement musculaire et osseux.2 J’ai été heureuse d’apprendre que 91% des enfants de 3-4 ans atteignent ces recommandations d’activités physiques. En revanche, cette bonne nouvelle ne s’étend pas aux autres groupes d’âges. En effet, seulement 56% des jeunes de 5 à 11 ans atteignent les normes et on chute même à 21% pour les jeunes de 12 à 17 ans. La population adulte remonte un peu les statistiques atteignant le 46%,3 mais encore là rien qui ne suffisse quand on sait que l’activité physique est un facteur de protection très important pour la santé physique et mentale.
Et pourquoi devrait-on tout essayer pour faire bouger les jeunes ? Et bien là c’était le déluge d’articles ! Améliorer la santé cardiovasculaire, meilleure santé des os, impact sur la santé mentale, estime de soi grandissante, meilleure concentration, amélioration des performances scolaires, développement d’un cercle social, les raisons défilent à l’infini !4 Or celle qui m’a le plus marquée est que développer des habitudes sportives pendant l’enfance et l’adolescence augmente grandement les chances d’avoir de bonnes habitudes de vies à l’âge adulte. Mais maintenant la vraie question est comment?
Comment motiver les jeunes à bien intégrer de manière positive la pratique d’activité physique à leur quotidien ? Après quelques recherches voici les recommandations que j’ai débroussaillées:
Les classiques (peut-être pas si classiques)5
Les moins classiques (mes préférés)6
Même si cette liste me semble très inspirante, il reste que ce qui m’a le plus marquée est la discussion du Sideline sur les enjeux du modèle québécois qui est de plus en plus axé sur la surspécialisation à un jeune âge et la compétition. Lorsqu’un jeune développe des compétences dans un seul sport par exemple la gymnastique, il sera beaucoup plus à risque d’arrêter le sport à l’âge adulte car il n’aura développé aucune compétence dans d’autres sports plus accessibles comme la course à pied ou le ski de fond. En plus, ayant l’habitude de hautement performer, ce jeune est à risque de développer une peur de l’échec lors de la pratique sportive et une atteinte à son estime de soi. Il serait donc intéressant de réfléchir sur comment notre société pourrait encourager les jeunes à se développer dans plusieurs sphères de l’activité physique pour en faire des habitudes de vie plutôt que des talents. Loin de moi l’idée d’enlever toute compétition, seulement la proportion de gens qui deviendront des athlètes professionnels est relativement faible comparé à la proportion d’adultes qui deviendront inactifs.
Étant moi-même enseignante de danse à temps partiel, cette petite recherche m’a grandement fait réfléchir. J’enseigne deux cours, un récréatif et un compétitif. Je me suis donc arrêtée pour prendre un moment et réfléchir sur ma perception de ces deux groupes et j’ai réalisé que j’accordais probablement un peu plus de valorisation à mes élèves de la troupe compétitive. Je mettais plus de temps à préparer le cours compétitif, que si le studio devait annuler un cours ce serait probablement le récréatif qui sauterait, etc. J’avais donc moi-même intégré le biais que les enfants qui pratiquent un sport compétitif doivent être priorisés. Alors qu’en vérité, on devrait prioriser l’activité physique, tout court.
Article écrit par Madeleine D’Amours-Gravel étudiante en médecine à l’Université de Montréal.