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La journée internationale de la jeunesse : Entre défis et engagement
12 août 2025
Chaque année, le 12 août donne l’occasion au monde de célébrer la journée internationale de la jeunesse qui vise à mettre en lumière le potentiel des jeunes. Depuis sa création par l’Organisation des Nations Unies en 1999, cette journée montre à quel point la jeunesse joue un rôle essentiel pour faire bouger les choses dans la société. Elle représente aussi un moment important pour réfléchir aux défis que les jeunes rencontrent au quotidien et permet également d’encourager leur participation à la construction d’un avenir meilleur.
Une détresse psychologique qui ne cesse d’augmenter
La santé mentale des jeunes traverse une crise préoccupante. Le rapport de Statistique Canada publié en 2023 révèle une hausse inquiétante des troubles psychologiques chez les jeunes de 15 à 24 ans au Canada1. Près d’une personne jeune sur quatre présentes des symptômes qui s’apparentent à l’anxiété ou la dépression, et cette tendance ne cesse de s’aggraver depuis la pandémie. Cette réalité est particulièrement marquée chez les jeunes femmes, dont les taux de troubles anxieux sont encore plus élevés. Cela touche également plus les jeunes de la diversité sexuelle ou de minorités visibles, ce qui démontre l’importance d’aborder la santé mentale en tenant compte des déterminants sociaux et des différentes formes d’inégalités sociales.
Les données recueillies démontrent que cette détresse est due à des causes essentiellement sociales et qu’elle ne peut être réduite à des facteurs individuels ou biologiques. En effet, le stress scolaire combiné à la pression sociale de réussir, crée un climat d’anxiété constant chez les jeunes. L’isolement social, qui a été accentué pendant la pandémie, exacerbe ces symptômes. À cela s’ajoute la précarité économique, qui rend compliqué l’accès au logement et aux études. L’adolescence et le début de l’âge adulte marquent une période particulièrement exigeante sur les plans émotionnel, identitaire et social du aux nombreux changements rencontrés. Les jeunes, alors en développement identitaire, sont particulièrement vulnérables aux violences, comme le racisme ou encore la discrimination envers les personnes LGBTQ+. Ainsi, les politiques publiques doivent adopter une approche globale, en tenant compte des conditions de vie et des inégalités vécues au quotidien.
Des inégalités sociales structurelles
Tous les jeunes n’ont pas les mêmes chances de réussite ou de bien-être2. La littérature le démontre : plusieurs facteurs sociaux influencent chacun à leur manière la trajectoire des jeunes. Grandir dans une famille stable et un avoir un bon niveau d’éducation ouvrent souvent plus d’opportunités, tandis qu’évoluer dans un quartier défavorisé ou avoir un accès limité aux services constituent des obstacles importants au parcours de vie. De plus, les jeunes venant de l’immigration font parfois face à des défis particuliers liés à leur parcours, ce qui peut accentuer la vulnérabilité face aux facteurs de risques.
Les personnes racisées, notamment, sont souvent surreprésentées dans les écoles défavorisées et rencontrent encore aujourd’hui des obstacles à l’emploi malgré leur diplôme déjà obtenu. Cette situation d’exclusion contribue à alimenter un sentiment d’injustice et fait en sorte que ces jeunes issue de minorités se replient davantage sur eux même.

Le poids du racisme systémique
Les jeunes font face à des défis variés qui peuvent nuire à leur santé mentale. C’est le cas des personnes racisées, particulièrement celles d’origine africaine et autochtone3. À l’école, ces jeunes doivent souvent composer avec des idées préconçues qui influencent le regard des autres et réduisent les attentes à leur égard, ce qui peut limiter leur accès à certaines opportunités et cela peut être très décourageant. Dans le monde du travail, iels rencontrent des obstacles persistants, notamment lors du processus d’embauche et une fois en poste, ils peuvent également subir des conditions de travail inéquitables. Même dans leurs interactions avec les services publics, ces personnes ressentent une surveillance persistante et un regard suspicieux. Ce climat constant d’invalidation les oblige à devoir prouver que tout comme les autres, iels ont leur place. À cela s’ajoute le fait de devoir affronter les représentations négatives déjà faites à leur sujet.
Le racisme, ce n’est pas juste une question de morale, beaucoup de jeunes voient leur vie bouleversée dans plusieurs aspects comme l’école, la santé mentale ou les chances de réussir. En effet, cette problématique creuse les inégalités entre les jeunes et rend plus difficile la construction de lien social. Pour faire face à cette réalité, il faut d’abord reconnaître que le racisme systémique a des effets bien concrets dans la vie des jeunes. Il est aussi important que les personnes professionnelles soient mieux formées pour comprendre ces réalités et y répondre avec sensibilité. Enfin, il faut soutenir les groupes jeunesse issus des communautés concernées, car ils jouent un rôle essentiel sur le terrain.
Une jeunesse qui s’engage
Face à ces obstacles, on pourrait croire que notre génération a baissé les bras. C’est tout le contraire. Les jeunes d’aujourd’hui sont engagés dans de nombreux sujets fondamentaux à notre société. Iels sont au cœur de mouvements sociaux importants, qui défendent des causes essentielles. Ces personnes luttent contre les discriminations, protègent l’environnement, travaillent à promouvoir l’égalité et réclament une société plus juste. Leur engagement montre une volonté profonde de changer les choses, et que iels veulent faire entendre leur voix. Ensemble, les jeunes se mobilisent dans la rue, dans les écoles et sur les réseaux sociaux avec l’espoir de faire changer les choses.
Ces jeunes demandent des politiques qui les intègrent vraiment, pas seulement comme bénéficiaires, mais comme partenaires. Iels critiquent les modèles économiques qui causent des dégâts, proposent des alternatives écologiques et cherchent à rapprocher les communautés. Leur voix est forte, mais elle est encore trop souvent ignorée là où se prennent les décisions.
Comment agir dans nos communautés ?
La Journée internationale de la jeunesse ne doit pas rester juste un moment symbolique. Elle doit nous encourager à agir concrètement pour améliorer la vie des jeunes. Il est essentiel de financer des services de santé mentale qui soient faciles d’accès et adaptés aux réalités et aux cultures de ces derniers. Beaucoup rencontrent des difficultés, mais n’ont pas toujours accès à l’aide dont iels ont besoin. Il faut aussi lutter activement contre toutes les formes de discrimination, car elles empêchent trop souvent les jeunes de réussir dans de nombreux domaine que ce soit à l’école ou dans le monde du travail. Pour cela, il faut créer des environnements inclusifs où chacun se sent respecté et soutenu. Les jeunes doivent également avoir des espaces sécurisés où ils peuvent s’exprimer librement et être écoutés sans jugement. Enfin, il est important de soutenir les projets que les jeunes développent eux-mêmes, car ce sont ces actions qui leur donnent confiance et les aident à construire un avenir meilleur pour tous.
Ainsi en les valorisant, on leur donne confiance et leur permettent de croire en leur potentiel. De cette façon, les jeunes peuvent trouver leur place et faire entendre leur voix de façon à changer le monde pour le meilleur.
Article par : Farah Cherfaoui, stagiaire